Utilisation de l'endoscopie en chirurgie du rachis
Séance du mercredi 16 septembre 2026 (Communications libres)
N° de DOI : 10.26299/5pj2-qq43/emem.2026.38.02
Résumé
L'endoscopie rachidienne s'est imposée en une trentaine d'années comme une alternative mini-invasive crédible à la chirurgie ouverte et micro-chirurgicale du rachis, portée par deux familles techniques distinctes : l'endoscopie uniportale (mono-portail), historiquement issue des travaux de Kambin et Hijikata puis structurée par les systèmes transforaminal (Yeung, Hoogland) et interlaminaire (Ruetten), et l'endoscopie biportale (UBE), née des travaux de De Antoni en 1996 et développée en Corée du Sud à partir des années 2000. Elle est apparue en France vers 2020, avec une augmentation rapide du nombre de chirurgiens du rachis pratiquant cette technique. Cette présentation retrace l’évolution historique, puis analyse le changement de paradigme qu'elle représente pour le chirurgien, en s'appuyant notamment sur le concept de « benefit zone » décrit par Hasan et al., qui situe les bénéfices attendus pour le patient (réduction du délabrement tissulaire, des pertes sanguines et de la durée d'hospitalisation) en fonction de la complexité et de l'invasivité du geste. Une attention particulière est portée à la courbe d'apprentissage propre à chaque technique, dont l'analyse récente de la littérature (méthodes CUSUM et RA-CUSUM) permet de mieux définir les indications à privilégier selon le niveau d'expérience du chirurgien. Les données d'un sondage national français récent, montrant une préférence marquée pour la voie biportale, illustrent les enjeux actuels d'adoption de ces techniques en France.


