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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Les Troubles musculo squelettiques au bloc opératoire : Axes de prévention : de l’ergonomie à l’exosquelette

Maxime SODJI

Séance du mercredi 17 juin 2026 (Troubles musculosquelettiques au bloc opératoire)

N° de DOI : 10.26299/888s-ag32/emem.2026.25.09

Résumé

Le passage de la chirurgie ouverte à la chirurgie laparoscopique (CL), bien qu’avantageux pour les patients en raison de son caractère mini-invasif, s’accompagne d’une augmentation des contraintes physiques pour les professionnels de santé. Les troubles musculosquelettiques (TMS) y sont particulièrement fréquents. Chez les chirurgiens, leur prévalence peut atteindre jusqu’à 88 % selon Franasiak et al. (2012), avec une prédominance de douleurs cervicales, des épaules et du tronc. Stucky et al. (2018) confirment une incidence plus élevée des TMS en laparoscopie, principalement liée aux postures prolongées et non physiologiques maintenues durant les interventions.
Les personnels de bloc opératoire sont également concernés. Les infirmiers de bloc opératoire (IBODE), les infirmiers anesthésistes (IADE) et les anesthésistes présentent eux aussi des TMS avec des prévalences rapportées variant globalement entre 40 % et 80 % selon les études et les méthodes d’évaluation. Ces différences s’expliquent par la diversité des tâches, des expositions posturales et des organisations de travail.
La chirurgie laparoscopique robot-assistée semble toutefois réduire ces contraintes grâce à une meilleure ergonomie et une diminution des efforts musculaires requis.
Dans une perspective préventive, plusieurs approches sont recommandées : l’ergonomie pour adapter les postes de travail, l’ergothérapie pour corriger les gestes à risque, et la kinésithérapie pour renforcer la condition musculosquelettique. Une organisation du travail incluant des pauses régulières, ainsi que l’utilisation potentielle d’exosquelettes, peut également contribuer à réduire la fatigue et à améliorer le confort des professionnels.