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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Gestion du stress du chirurgien dans la chirurgie de la cataracte

Jean-Pierre ROZENBAUM

Séance du mercredi 10 juin 2026 (Séance Académique d'Ophtalmologie : Chirurgie de la cataracte : les dernières évolution organisationnelles Bloc et Hors-Bloc et Robotique ( 1ères mondiales))

N° de DOI : 10.26299/g3kj-1g46/emem.2026.24.02

Résumé

Les pilotes de chasse, les sportifs de compétition, bénéficient de coaching. Les chirurgiens n’ont pas le droit à l’erreur et doivent apprendre à gérer seuls leur charge mentale. Cela a des conséquences sur l’efficacité de l’acte et sur la santé des chirurgiens. La chirurgie de la cataracte est une microchirurgie. Le stress va avoir un effet amplifié par le microscope opératoire, sur la micro-précision et sur la décision.
La chirurgie de la cataracte est la plus pratiquée dans le monde. La qualité des résultats ne doit pas cacher sa complexité avec 0 tolérance à l'erreur.
Elle se déroule sous anesthésie topique plus ou moins potentialisées. Les nouvelles organisations du bloc opératoire fast Track, absence d’anesthésiste doivent intégrer la charge mentale. Les facteurs physiologiques du stress se déroulent au niveau du système limbique. L’amygdale détecte les menaces et provoque la sécrétion d'adrénaline. Elle envoie un message à l'hypothalamus qui va identifier l'origine du danger et activer la glande surrénale qui va libérer le cortisol, régulateur hormonal du stress.
L'adrénaline, hormone du sprint, va provoquer tachycardie, vision tunnel et perte de communication. Le cortisol va mobiliser les réserves de glucose pour maintenir l'énergie. Cela va se traduire par l'effet fatigue. Un certain niveau d’adrénaline est pourtant nécessaire pour améliorer l’éveil, la concentration et la précision. Cependant la courbe d'efficacité va décliner plus rapidement chez le chirurgien novice en fonction de l'état de stress. 3 techniques permettent de limiter l'effet du stress. La stratégie cognitive qui consiste à planifier et visualiser l'intervention. La déclinaison de l’attention pour lutter contre l’effet tunnel en communiquant. Et enfin la respiration tactique. Cela permet d'envoyer le message au cerveau autonome : je contrôle la situation. L’expérience va transformer les gestes complexes en automatisme procéduraux alors que le stress subi est paralysant. Un cas complexe va être perçu comme une menace par un novice, comme un effort pour un chirurgien entraîné et comme un défi pour un chirurgien expert. On retiendra la nécessité de planifier plutôt que réagir, d’observer un rituel, de savoir s'arrêter quelques secondes pour briser le cercle de la panique virgule et le recours à la respiration technique et aux techniques pour éviter la vision tunnel. Nous soulignerons l’importance de l’entraînement, du calme, de la communication et enfin, du débriefing avec l'équipe. En conclusion, on n'apprend pas à ne plus être stressé, on apprend à devenir plus performant malgré le stress. Il est important de prendre en compte la gestion de la charge mentale dans la formation et la sélection des jeunes chirurgiens.