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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Comment les stratégies chirurgicales sont modifiées par les nouveaux traitements adjuvants en oncologie gynécologique

Enora LAAS

Séance du mercredi 20 mai 2026 (L'Académie reçoit la Société Francophone de Chirurgie Oncologique)

N° de DOI : 10.26299/zwyv-6g88/emem.2026.21.04

Résumé

L’émergence des nouvelles thérapeutiques systémiques en oncologie gynécologique transforme profondément les stratégies chirurgicales. Les anticorps conjugués (ADC), l’immunothérapie et les thérapies ciblées permettent désormais d’obtenir des réponses tumorales plus profondes et plus durables, y compris dans des maladies initialement avancées ou peu résécables. Dans les cancers de l’endomètre déficients du système MMR (dMMR/MSI-H), l’association de l’immunothérapie à la chimiothérapie a démontré des bénéfices majeurs en survie sans progression et des taux élevés de réponse complète. Ces résultats ouvrent la voie à des stratégies de désescalade chirurgicale chez des patientes hautement sélectionnées.
L’expérience acquise dans le cancer du rectum MSI-H, où certaines patientes peuvent bénéficier d’une stratégie de surveillance sans chirurgie après réponse complète clinique sous anti-PD1, alimente cette réflexion en oncologie gynécologique. Toutefois, plusieurs limites persistent : absence de biomarqueur parfaitement prédictif, difficultés d’évaluation de la réponse sous immunothérapie, risque de pseudo-progression et manque de données prospectives à long terme.
Ainsi, la chirurgie demeure actuellement le standard thérapeutique. Néanmoins, l’intégration des profils moléculaires et des nouvelles réponses thérapeutiques pourrait conduire, dans le futur, à une chirurgie moins extensive, mieux personnalisée, voire à une abstention chirurgicale dans des situations très sélectionnées.