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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Le rôle des traitements systémiques en cas de Métastase(s) hépatique(s) d’origine colorectales résécables ou potentiellement résécables

Thierry ANDRÉ

Séance du mercredi 29 avril 2026 (Journée de cancérologie "Traitement des métastases hépatiques des Cancers Colo-rectaux en 2026")

N° de DOI : 10.26299//emem.2026.18.02

Résumé

L'essai EORTC 40983 qui a fait date, a randomisé 364 patients présentant des métastase(s) hépatique(s) colorectales résécables (maximum 4 métatastases) entre un traitement péri-opératoire par FOLFOX4 (6 cycles avant et 6 après la chirurgie) et la chirurgie seule. Chez les patients ayant subi une résection, la chimiothérapie a amélioré la Disease Free Survival (DFS) à 3 ans (HR 0,73 ; IC à 95 % : 0,55–0,97), mais sans différence significative sur la survie globale (SG) à 5 ans avec plus de complications postopératoires (25 % contre 16 %). L'essai JCOG0603 a évalué le FOLFOX postopératoire (12 cycles de FOLFOX) après résection des métastase(s) et a mis en évidence une amélioration de la DFS (HR 0,67 ; IC à 95 % : 0,50–0,92), mais sans amélioration de la SG. Une méta-analyse a montré les mêmes résultats. La décision doit être individualisée en fonction d’une évaluation des risques et des bénéfices. Les recommandations sont de proposer une chimiothérapie pério-pératoire ou une chirurgie seule aux patients candidats à une résection curative des métastases hépatiques. Pour les tumeurs dMMR/MSI-H les inhibiteurs de points de contrôle constituent le traitement initial de choix pour les métastases résécables (NCCN guide line). Une thérapie systémique constitue le traitement de première intention en cas de métastase(s) non résécable(s); le choix dépend du statut MSI, du statut mutationnel des gènes RAS/BRAF et de la localisation de la tumeur primaire. Les objectifs sont notamment de prolonger la survie, d'assurer des soins palliatifs et, dans certains cas, de rendre la maladie résécable.
Thierry André, hôpital Saint
Antoine, Paris, France