Fr | En
Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Dépistage du cancer de la prostate : vers une approche séquentielle et multimodale ?

Romain MATHIEU

Séance du mercredi 15 avril 2026 (Dépistage des cancers : quelles voies d'amélioration ?)

N° de DOI : 10.26299/jxas-tb47/emem.2026.16.04

Résumé

Le cancer de la prostate , le plus fréquent chez l’homme dans de nombreux pays occidentaux, est responsable d’une mortalité variable, fonction de son agressivité initiale. Sa détection repose historiquement sur le toucher rectal et le dosage du PSA. Ce dernier, utIlisé seul, permet une détection plus précoce et une diminution potentielle de la mortalité spécifique selon certaines études, au prix d’un surdiagnostic et d’un surtraitement significatifs. Dans ce contexte, les recommandations françaises et internationales ont convergé vers une approche individualisée de la prescription du PSA, fondée sur l’information du patient et l’évaluation du risque.

Ces quinze dernières années ont été marquées par l’actualisation des données initiales des études randomisées sur le dépistage, l’émergence de nouveaux biomarqueurs sanguins et de calculateurs de risque, l’utilisation en routine de l’IRM prostatique pour décider la réalisation de biopsies notamment ciblées pour la détection des formes cliniquement significatives. Pour les formes non cliniquement significatives, la surveillance active s’est largement répandue pour lutter contre le surtraitement.

Ces évolutions ouvrent la voie à des stratégies de détection / dépistage reposant sur une approche séquentielle et multimodale, visant à réduire les biopsies inutiles tout en maintenant un objectif de détection précoce des cancers agressifs et de promotion de la surveillance des cancers peu agressifs. Cette réflexion implique une coordination multidisciplinaire et une évaluation rigoureuse, afin d’intégrer ces outils dans une politique de santé publique cohérente et acceptable.