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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Syndrome douloureux régional complexe : vers un algorithme décisionnel

Eric VIEL

Séance du mercredi 04 mars 2026 (Les algodystrophies : des pathologies sous-estimées, sous-évaluées et sous traitées)

N° de DOI : 10.26299/f7p4-zq79/emem.2026.10.06

Résumé

Dans le SDRC constitué, l’objectif thérapeutique est triple, adapté à la symptomatologie et à la physiopathologie: analgésie, récupération fonctionnelle du membre, restauration de la qualité de vie. Les AINS, le paracétamol et les opioïdes faibles ne sont pas efficaces. Les corticoïdes sont utiles en présence de signes inflammatoires majeurs. La gabapentine est efficace en cas de douleur neuropathique. Les biphosphonates (pamidronate) sont utilisés en perfusion après avoir effectué préalablement un bilan buccodentaire. De même, la kétamine montre une certaine efficacité. Les blocs du système nerveux autonome (intraveineux, du ganglion stellaire et du plexus lombaire) peuvent être mis en œuvre dans des structures spécialisées. La neurostimulation transcutanée, intégrée dans la prise en charge rééducative est une méthode thérapeutique simple, inoffensive, peu coûteuse. Kinésithérapie et ergothérapie sont des éléments-clés de la prise en charge, incluant parfois un aspect comportemental (imagerie motrice, réalité virtuelle…) visant à corriger les effets négatifs de la réorganisation corticale responsables de la kinésiophobie. Si des co-morbidités psychiques sont identifiées, une prise en charge adaptée est indispensable, notamment les thérapies psycho-comportementales (TCC). Dans les formes sévères de SDRC, la prise en charge relève d’une équipe multidisciplinaire. Parmi les propositions thérapeutiques les plus récentes, on retrouve la toxine botulique A, les cannabinoïdes et la stimulation magnétique transcrânienne (rTMS). La stimulation médullaire implantée (stimulation cordonale postérieure) ou plus récemment la stimulation du ganglion rachidien postérieur peuvent être proposées en cas de SDRC persistant et résistant aux traitements conventionnels. Les amputations de membre, après une longue évolution source de douleurs sévères et résistantes, souvent associées à des troubles trophiques cutanés et articulaires, restent exceptionnelles.