Technique chirurgicale de l’arthroplastie prothétique totale de l’articulation trapézo-métacarpienne et résultats
Séance du mercredi 21 janvier 2026 (La prothèse trapézo-métacarpienne : de la France aux Etats Unis, un exemple emblématique de la portée internationale de l’Ecole Française)
N° de DOI : 10.26299/a59d-az14/emem.2026.04.03
Résumé
C’est en 1973 que le Pr J.-Y. de La Caffinière propose, pour la première fois, le remplacement de l’articulation trapézo-métacarpienne arthrosique par une prothèse totale. Son concept, s’éloignant de l’anatomie en double selle de cette articulation, reposait sur une tige métacarpienne monobloc surmontée d’une tête sphérique, s’articulant avec une cupule en polyéthylène, selon un principe inspiré de la prothèse totale de hanche.
Les résultats initiaux à moyen terme, marqués par un taux élevé de luxations précoces et ce malgré l’apparition de nouveaux modèles prothétiques, n’ont pas permis de convaincre durablement la communauté chirurgicale. La trapézectomie est alors devenue le traitement de référence pendant plusieurs décennies. En dehors des phénomènes de descellement, la complication majeure restait l’instabilité, conduisant à intégrer systématiquement dans la technique chirurgicale des procédures de stabilisation : respect de l’anatomie capsulo-ligamentaire, ligamentoplasties diverses.
Au milieu des années 1990, nous n’étions encore que quelques-uns à considérer que la stabilité ne devait plus relever de la reconstruction ligamentaire, mais exclusivement du design prothétique et de la qualité de son implantation.
À partir de ce postulat, plusieurs principes techniques sont devenus incontournables lors de l’implantation des prothèses à simple mobilité, puis plus récemment des prothèses à double mobilité :
• voie d’abord latérale, avec variantes dorsale ou palmaire ;
• libération complète de la base du premier métacarpien de ses attaches capsulo-ligamentaires ;
• synovectomie associée à la résection exhaustive des ostéophytes (bec métacarpien et cornes trapéziennes) ;
• absence de toute surtension du montage prothétique (épaisseur des ostéotomies, profondeur d’enfoncement de la tige, longueur du col) ;
• respect strict de l’axe prothétique (tige, col, cupule) dans la colonne trapézo- métacarpienne ;
• orientation optimale de la cupule trapézienne et homogénéité de la couverture du polyéthylène en position neutre de la colonne du pouce ;
• pansement souple sans immobilisation plâtrée de la première commissure.
L’application rigoureuse de ces principes a profondément modifié les résultats à moyen et long terme de l’arthroplastie prothétique trapézo-métacarpienne, avec :
• une disparition quasi complète des luxations ;
• une diminution significative du taux de descellement prothétique.
L’analyse cumulative de plus de deux décennies d’expérience internationale permet aujourd’hui d’affirmer que :
• les prothèses à simple mobilité ont constitué une étape fondatrice, apportant une amélioration significative de la douleur, de la fonction et de la force, mais leur sensibilité à l’instabilité et au descellement a limité leur longévité chez certains profils de patients ;
• les prothèses à double mobilité ont répondu aux limites précédentes en apportant une stabilité quasi constante, une meilleure maîtrise de l’usure et une réduction du taux de reprises chirurgicales, avec une espérance de survie prothétique supérieure.
Ces avancées expliquent leur adoption progressive puis massive à l’échelle internationale, y compris depuis la fin de l’année 2025 dans les centres nord-américains, historiquement plus réservés vis-à-vis de l’arthroplastie prothétique de l’articulation trapézo-métacarpienne.
On peut ainsi considérer que la prothèse trapézo-métacarpienne à double mobilité constitue aujourd’hui la référence internationale et l’un des exemples les plus emblématiques de la diffusion mondiale d’un concept chirurgical né en France.
Les résultats initiaux à moyen terme, marqués par un taux élevé de luxations précoces et ce malgré l’apparition de nouveaux modèles prothétiques, n’ont pas permis de convaincre durablement la communauté chirurgicale. La trapézectomie est alors devenue le traitement de référence pendant plusieurs décennies. En dehors des phénomènes de descellement, la complication majeure restait l’instabilité, conduisant à intégrer systématiquement dans la technique chirurgicale des procédures de stabilisation : respect de l’anatomie capsulo-ligamentaire, ligamentoplasties diverses.
Au milieu des années 1990, nous n’étions encore que quelques-uns à considérer que la stabilité ne devait plus relever de la reconstruction ligamentaire, mais exclusivement du design prothétique et de la qualité de son implantation.
À partir de ce postulat, plusieurs principes techniques sont devenus incontournables lors de l’implantation des prothèses à simple mobilité, puis plus récemment des prothèses à double mobilité :
• voie d’abord latérale, avec variantes dorsale ou palmaire ;
• libération complète de la base du premier métacarpien de ses attaches capsulo-ligamentaires ;
• synovectomie associée à la résection exhaustive des ostéophytes (bec métacarpien et cornes trapéziennes) ;
• absence de toute surtension du montage prothétique (épaisseur des ostéotomies, profondeur d’enfoncement de la tige, longueur du col) ;
• respect strict de l’axe prothétique (tige, col, cupule) dans la colonne trapézo- métacarpienne ;
• orientation optimale de la cupule trapézienne et homogénéité de la couverture du polyéthylène en position neutre de la colonne du pouce ;
• pansement souple sans immobilisation plâtrée de la première commissure.
L’application rigoureuse de ces principes a profondément modifié les résultats à moyen et long terme de l’arthroplastie prothétique trapézo-métacarpienne, avec :
• une disparition quasi complète des luxations ;
• une diminution significative du taux de descellement prothétique.
L’analyse cumulative de plus de deux décennies d’expérience internationale permet aujourd’hui d’affirmer que :
• les prothèses à simple mobilité ont constitué une étape fondatrice, apportant une amélioration significative de la douleur, de la fonction et de la force, mais leur sensibilité à l’instabilité et au descellement a limité leur longévité chez certains profils de patients ;
• les prothèses à double mobilité ont répondu aux limites précédentes en apportant une stabilité quasi constante, une meilleure maîtrise de l’usure et une réduction du taux de reprises chirurgicales, avec une espérance de survie prothétique supérieure.
Ces avancées expliquent leur adoption progressive puis massive à l’échelle internationale, y compris depuis la fin de l’année 2025 dans les centres nord-américains, historiquement plus réservés vis-à-vis de l’arthroplastie prothétique de l’articulation trapézo-métacarpienne.
On peut ainsi considérer que la prothèse trapézo-métacarpienne à double mobilité constitue aujourd’hui la référence internationale et l’un des exemples les plus emblématiques de la diffusion mondiale d’un concept chirurgical né en France.


