Fr | En
Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Traitements intra-artériels des métastases hépatiques des cancers colorectaux

Olivier PELLERIN

Séance du mercredi 06 novembre 2019 (Prise en charge interventionnelle des métastases)

N° de DOI : 10.26299/661z-9x24/emem.2019.32.05

Résumé

La radiologie interventionnelle oncologique (RIO) prend en charge des cancers et des problèmes liés au cancer à l'aide de procédures mini-invasives ciblées réalisées sous le contrôle de l'image radiologique. Aujourd’hui une place prépondérante dans la prise en charge des patients atteints de cancer. L’objectif de cet article est de décrire le principe, les indications, la technique et les résultats obtenus de trois interventions courantes de RI oncologique hépatique : la chimioembolisation hépatique, la radio-embolisation, et la chimiothérapie intra-artérielles. Ces trois approches sont réservées aux patients avec une atteinte limitée au foie non résécable. La chimioembolisation hépatique (CH) consiste à injecter dans l’artère hépatique une chimiothérapie et un agent embolisant agissant localement sur les tumeurs hépatiques. L’essentiel des preuves cliniques est établi dans la prise en charges des patients en échec thérapeutique après 2 lignes de chimiothérapie intraveineuse ou comme traitement de clôture. Cette approche offre une survie sans progression hépatique de 8 à 12 mois. La radio-embolisation hépatique (RE) est une intervention consistant à injecter dans l’artère hépatique des microparticules chargées d’Yttrium 90 (90Y) qui vont préférentiellement rejoindre les tumeurs et y délivrer des doses très importantes tout en limitant la toxicité sur le parenchyme hépatique adjacent. La RE est réservée aux patients en échappement thérapeutique. C’est une intervention très bien tolérée. La chimiothérapie intra-artérielle consiste en l’administration de chimiothérapie (oxaliplatine, 5FU) au travers d’un cathéter posé à demeure dans l’artère hépatique. Cette approche est principalement proposée aux patients en échappement thérapeutique. Les résultats publiés montrent une réponse objective de 40%, une survie sans progression hépatique de 12 mois (RR 2,26), autorise dans 30% des cas une chirurgie hépatique curative et une survie globale de 25 mois (HR 0,9).