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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Mise en lumière de l’intérêt de l’arthroscopie du coude en 2020

Marion BURNIER | G. HERZBERG

Séance du mercredi 31 mars 2021 (Chirurgie de la main et du poignet)

N° de DOI : 10.26299/m5qt-z487/emem.2021.13.03

Résumé

Parmi les articulations du membre supérieur, le coude demeure une entité confidentielle à laquelle seulement un cercle/nombre restreint/intime de nos confrères portent un intérêt.
A l’instar de la chirurgie de l’épaule il y a 30 ans, la chirurgie du coude est en pleine essor et les pathologies du coude sont en pleine phase de démembrement. Ainsi de nouvelles entités anatomiques sont décrites, la biomécanique de la pathologie ligamentaire du coude est mieux étudiée, et enfin les traitements chirurgicaux évoluent autorisant une mobilisation plus précoce et de meilleurs résultats.
A la lumière des connaissances acquises en arthroscopie de l’épaule et du poignet, l’arthroscopie du coude se développe depuis le début des années 2000. Elle joue un rôle primordial quant à la meilleure compréhension des pathologies articulaires du coude mais également quant à leur prise en charge thérapeutique et leur évaluation pronostic.
Les indications d’arthroscopie du coude ont été élargies alors que les techniques et le matériel se sont structurés.
L’une des indications princeps demeure l’ablation de corps étranger ou le traitement de lésions ostéochondrales. On imagine aisément qu’une ouverture articulaire (arthrotomie) représente un risque non négligeable de raideur quand il s’agit de retirer un corps étranger parfois infra centimétrique, mobile dans une articulation telle que celle du coude.
L’arthrose du coude responsable de raideur et de douleur peut également être prise en charge arthroscopiquement, en particulier chez le sujet jeune qui ne serait pas candidat à un remplacement prothétique. En autorisant l’accès à l’ensemble des compartiments articulaires il est alors possible d’intervenir à la fois sur les composantes osseuses (tel que l’exérèse d’ostéophytes) mais également sur les parties molles (capsulotomie, capsulectomie) …
L’épicondylite latérale (ou tennis elbow, lésion du joueur de tennis) peut bénéficier de l’arthroscopie à double titre. Tout d’abord, cette pathologie qui constitue un presque un enjeu de santé publique puisqu’elle est considérée comme une maladie professionnelle, responsable d’incapacité de travail prolongée voir même de réorientation professionnelle fréquente. L’arthroscopie permet une évaluation non invasive du ligament latéral du coude dans cette pathologie
La pathologie ligamentaire du coude chez le sportif peut également bénéficier de l’arthroscopie. Tout d’abord, le diagnostic des lésions ligamentaires du coude est parfois subtil et l’apport de l’arthroscopie par une visualisation directe permet de confirmer ou la lésion. Ensuite, lorsqu’il s’agit d’une remise en tension, ou d’une réparation du ligament celles-ci peuvent être réalisées sous contrôle scopique sans arthrotomie.
Plus récemment enfin, l’arthroscopie a vu ses indications s’élargir aux fractures fraiches comme les fractures de tête radiale ou encore les triades terribles du coude.
En conclusion, la pathologie du coude en général, et l’arthroscopie en particulier, évoluent de façon importante permettant une meilleure compréhension des pathologies ostéo articulaires et de leur traitement.

Commentaires : P. MANSAT (Toulouse)