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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Signification et thérapeutique du bloc de branche gauche complet.

Estelle GANDJBAKHCH

Séance du mercredi 03 février 2021 (Prise en charge interventionnelle coeur)

N° de DOI : 10.26299/xtqr-1845/emem.2021.05.01

Résumé

Le bloc de branche gauche (BBG) est défini par une anomalie de la conduction dans la branche gauche du faisceau de His. Chez des adultes asymptomatiques, sa prévalence est estimée entre 0,1 et 0,8 % et augmente avec l’âge (inférieure à 1 % avant 50 ans jusqu’à 6 % à 80 ans). Il est plus fréquent chez les femmes.
Le BBG peut être isolé, ou plus souvent être associé à une cardiopathie, justifiant un bilan cardiovasculaire. La présence d’un BBG est associée à une augmentation de la mortalité. En effet, le BBG présente un risque d’évolution vers un bloc auriculoventriculaire du troisième degré d’une part et mais aussi de possibles conséquences hémodynamiques d’autre part. Le BBG est en effet associé à un asynchronisme électrique du fait qu’une partie du myocarde (en général la partie latérale ventriculaire gauche) est activé électriquement de manière retardée vis-à-vis du ventricule droit et du septum interventriculaire. Cet asynchronisme électrique a des conséquences hémodynamiques : réduction du remplissage, dilatation et baisse de la fraction d’éjection ventriculaire gauche, aggravation d’une fuite mitrale, pouvant entrainer ou aggraver une insuffisance cardiaque. Dans ce cas, le traitement de prédilection est la resynchronisation par un stimulateur ou défibrillateur bi-ventriculaire. Cette resynchronisation consiste à implanter une sonde dans une veine du sinus coronaire par voie endocavitaire pour stimuler la paroi latérale ventriculaire gauche (dont l’activation électrique est retardée par le BBG) de manière synchrone à la paroi septale du VD. Ce traitement interventionnel a démontré son efficacité chez les patients présentant une dysfonction ventriculaire gauche associée à un BBG complet permettant une baisse de la morbi-mortalité. De manière plus récente, la stimulation hissienne ou de la branche gauche s’est développée comme une alternative à la resynchronisation.
Unité de Rythmologie - Hôpital de la Pitié Salpêtrière à Paris