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Les e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie

Complications post opératoires précoces après oesophagectomie pour cancer : diagnostic, traitement et prévention.Post operative early complications after esophagectomy for cancer: diagnosis, treatment and prevention.

IMESSAOUDENE Z

Séance du mercredi 27 avril 2016 (COMMUNICATIONS LIBRES)

Résumé

Z.Imessaoudene, R.Khalfallah, A.Tebaibia, T.Iaiche Achour, K.Bennabi, R.Dahdouh, A.Anou, S.Bouhelassa, M.Maaoui, A.Hammad (Alger)L’oesophagectomie avec curage ganglionnaire, reste le traitement de référence des cancers de l’œsophage jugés résécables. Cette chirurgie peut combiner les conséquences d’une approche abdominale, thoracique et cervicales. Les progrès des techniques chirurgicales et de la réanimation ont permis de réduire nettement la mortalité opératoire de cette intervention (5 à 10 %). La morbidité postopératoire est faite essentiellement de complications respiratoires.Le but de ce travail est de rapporter les complications post opératoires précoces après oesophagectomie pour cancer, d’identifier les différents phénomènes participant à la genèse de ces complications et de proposer des stratégies pour réduire leur incidence. Matériel et Méthodes : de Novembre 1998 à novembre 2015, 75 patients (62 hommes et 13 femmes) ont eu une chirurgie d’exérèse pour cancer de l’œsophage au CHU d’Alger. Leur âge moyen était de 54 ± 5 ans. En per opératoire, l’anesthésie était au propofol en AIVOC (Anesthésie Intra Veineuse à Objectif de Concentration), couplée au BIS (index bispectral), avec réchauffement per opératoire et restriction hydrique (perfusion 2 à 5 ml/kg/h). L’intervention était sous monitorage standard avec: Capnographie, Bis, monitorage de la curarisation, gazométrie, température rectale, pression artérielle sanglante. L’extubation était réalisée au bloc opératoire (n=10) après contrôle radiologique, biologique (gaz du sang, ionogramme, Hb) et administration de 15mg/ kg de corticoïdes. L’analgésie postopératoire était faite de l’association de paracetamole et titration de morphine. L’alimentation était entérale dés J1 à raison de 30 à 40 kcal / kg/ j par sonde de jéjunostomie. La sonde gastrique était mise pour l'aspiration du greffon douce et continue (-30 cmH2O) afin d'éviter les inhalations .La durée moyenne de séjour en soins intensifs était de 6 jours et la durée moyenne d’hospitalisation était de 15jours. Résultats : La technique opératoire était l’oesophagectomie par double abord abdominal et thoracique (n=51), abdominal et cervical (n=10) et triple abord abdominal, thoracique et cervical (n=14), La durée moyenne de l’intervention était de 5 h [4 -10h]. Les complications respiratoires (n=31) 41 % étaient à type de pneumopathies (n=16) 22%, chylothorax (n=1), hémothorax (n=1), encombrement bronchique (n=6), œdème glottique (n=1), atélectasie (n=4), abcès pulmonaire (n=1), épanchement pleural purulent (n=1), syndrome de détresse respiratoire aigüe (n=12) (9%). Les autres complications étaient à type de fistules anastomotiques (n=17) (23%). paralysie reccurentielle gauche (n=2), vomissements incoercibles (n=1). Les complications inhabituelles étaient à type de Tachycardie sinusale (160 bt/ min) (n=1) et hémi parésie droite avec cécité (n=1) à j1. Les complications respiratoires ont nécessité une ré-intubation (n=10) 8%), les pneumopathies ont nécessité une antibiothérapie, les atélectasies une broncho aspiration de l’encombrement bronchique, et l’œdème glottique traité par corticothérapie, la Tachycardie sinusale par béta bloquants. La mortalité à 30 jours était de 14% (n=19).Conclusion : La préservation de la fonction respiratoire et de la viabilité du greffon digestif représente toujours le premier objectif du praticien. La morbidité de la chirurgie de l’œsophage est faite essentiellement de complications respiratoires. Ces complications peuvent être prévenues par une politique de réhabilitation rapide faite de mesures per opératoires et postopératoires, notamment d’extubation précoce, de kinésithérapie respiratoire, de rénutrition, de déambulation précoce et d’analgésie multimodale.Commentateur : Jacques BAULIEUX (Lyon)