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The e-mémoires of the Académie Nationale de Chirurgie

L’arthrose de cheville, la place actuelle et les interrogations sur les prothèses talocrurales

JUDET TH

Seance of wednesday 07 march 2012 (CHIRURGIE ORTHOPEDIQUE)

Abstract

Introduction : la chirurgie prothétique de la hanche et du genou triomphe depuis 50 ans et a quasiment relégué la chirurgie conservatrice au musée. A la cheville, la règle reste la chirurgie non prothétique, arthrodèse en particulier. Où en est-on de la controverse Arthrodèse-prothèse et quelle est la place des autres alternatives.La place du problème : Les arthropathies de cheville sont rares, l’arthrose essentielle est exceptionnelle, le traitement des rhumatismes inflammatoires et des traumatismes a fait des progrès majeurs.Le contexte anatomique : la cheville coopère avec le complexe articulaire de l’arrière pied. Elle est sous cutanée et entourée d’éléments nobles, tendons nerfs et vaisseaux.Les gestes palliatifs de l’arthrose, arthrolyse, arthroscopie, ostéotomie sont parfois indiqués mais aléatoires.L’arthrodèse, encore considérée comme le « gold standard », n’est pas exempte d’inconvénients, difficultés de réalisation, douleur, mauvaise tolérance à long terme.La prothèse utilisée depuis près de quarante ans a des résultats en progrès significatif avec les implants de troisième génération, à patin mobile et ancrage sans ciment. La littérature comme l’expérience des auteurs montrent des résultats fonctionnels intéressants mais des taux de survie inférieurs à ceux des prothèses de hanche ou de genou. Le niveau d’amélioration de la fonction reste imprévisible et l’évolution parfois marquée de complications spécifiques, syndrome douloureux inexpliqué ou altération de la trame osseuse péri-prothétique. La reprise par arthrodèse avec greffe osseuse permet de sauver ces situations d’échec.Les indication de prothèse doivent être réservées à des cas sélectionnés, par des équipes rompues à cette chirurgie pour en poursuivre l’évaluation prospective dans des centres poseurs ou par le biais d’un Registre National tel qu’il est entrain de se mettre en place à la demande de la HAS, sous l’égide de l’ Association Française de la Cheville et du Pied et avec le soutien des fabricants.Intervenant : Ph. Maury, G. Curvale